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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 22:17

Il y a un peu plus d'un an, je reprochais à Christine Lagarde de ne pas aller assez loin pour lutter contre le surendettement. (cf. Crédit révolving : Lagarde bien timide !). Je suggérais de créer "un fichier de tous les crédits, et pas seulement des incidents de remboursement".

La semaine dernière, Bercy a complètement changé d'avis. On annonce la création d'un "fichier positif recensant tous les crédits". Ca veut dire qu'il sera beaucoup plus dur de se surendetter. On prend le problème à la source : Au moment de signer pour un crédit, les banques devront consulter ce fichier qui leur permet de savoir à quel point le client est déjà endetté, et s'il peut s'endetter plus. Auparavant, tout reposait sur une simple déclaration. Il suffisait de ne pas déclarer tous les crédits qui pèsent sur le ménage pour pouvoir en contracter un autre, et donc s'enfoncer un peu plus.

Enfin, on prend une mesure efficace pour éviter le surendettement !

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 16:20
---- suite de Retraites : Ce qu'on peut faire ----
Toujours dans les modifications politiques du système de retraites, on peut aussi imaginer des retraites par capitalisation. En fait, elles existent déjà. Il y a le système PREFON des fonctionnaires qui existe depuis longtemps, et les PERP créés par Fillon en 2003. Je ne suis pas contre ce principe qui permet à ceux qui le veulent de préparer leur retraite par une démarche personnelle, mais ce système doit rester l'exception. Ça relève d'une démarche personnelle, il ne faut pas qu'on y soit obligés pour avoir une retraite décente. Si c'est possible, il est quand même préférable que ce soit la solidarité des générations qui assure les retraites plutôt qu'une démarche individuelle.

Toujours sur le plan politique, la réforme des retraites ne peut être juste qu'à deux conditions : Une harmonisation des régimes de retraite et des règles portant sur la pénibilité.
Harmonisation parce que, même après la petite réforme Sarkozy de début de mandat sur les régimes spéciaux, les Français ne sont pas égaux devant les régimes de retraite. Le régime général, celui des salariés du privé, est le moins favorable, et les multiples régimes spéciaux sont beaucoup plus avantageux. Une bonne réforme devrait changer cette injustice. La situation actuelle favorise les oppositions entre public et privé mais aussi entre élus et citoyens. Parce que les retraites des élus non plus elles ne sont pas mauvaises !
Si on touche à l'âge de départ à la retraite pour des raisons d'allongement de l'espérance de vie, il est logique de moduler cet âge de départ à la retraite suivant la profession. Parce que, par exemple, selon qu'on est cadre dans le tertiaire ou ouvrier du bâtiment, on n'a pas du tout la même espérance de vie. Mais attention à l'opposition marxiste des classes : Ce n'est pas aussi simple que ça. Les instituteurs, par exemple, sont dans les professions modestes mais leur espérance de vie est très bonne.
L'espérance de vie, c'est le seul moyen de mesurer la pénibilité d'une profession qui me semble objectif. Tous les métiers sont pénibles. L'homme mange son pain à la sueur de son front. Si on commence à mesurer la pénibilité avec des critères subjectifs, ceux qui en obtiendront le plus d'avantage sont ceux qui gueulent le plus fort, donc les professions les plus syndicalisées. Et comme ce sont déjà ces professions qui bénéficient des régimes spéciaux, on ajouterait de l'injustice à l'injustice.
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 14:49
Avant de connaître ce que le gouvernement nous prépare comme réforme des retraites, j'essaie d'imaginer ce qu'il faut mettre dans cette réforme.

On sait pourquoi il faut faire cette réforme : Les régimes de retraite sont déficitaires, et le déficit ne va faire qu'augmenter dans les années à venir. L'exemple grec a montré à ceux qui en doutaient que l'endettement, même public, a ses limites. Cette réforme a donc une nécessité technique. Mais elle a aussi une réalité politique.

Sur le plan technique, on sait bien que le déficit des retraites vient directement de l'allongement de la durée de la vie. Les recettes restent stables parce qu'elles viennent des cotisations sociales et qu'il n'y a pas plus de travailleurs. Mais les dépenses augmentent parce que le nombre de retraités progresse. On connaît alors les 3 solutions :
- Augmentation des cotisations, mais ça plombe la compétitivité du marché de l'emploi.
- Diminution des pensions, mais c'est politiquement inacceptable alors que beaucoup de retraités ont déjà des revenus modestes
- Augmentation de l'âge de départ à la retraite.
Sur le plan technique, en conservant le système actuel de répartition financé par des cotisations sur le travail, les solutions sont connues. Seule la 3e est possible, mais elle est douloureuse. Reste à savoir s'il faut augmenter le nombre de trimestres pour bénéficier du taux plein, faire monter l'âge légal de départ à la retraite ou les deux. Je suis partisan de faire les deux. L'un ne va pas vraiment sans l'autre.

Sur le plan politique, on peut imaginer de modifier le système de retraites lui-même.
Le parti socialiste propose d'élargir l'assiette de financement, en ne taxant plus seulement le travail mais aussi les revenus du capital. Je trouve l'idée intéressante. Reste à voir si on taxe les revenus du capital des particuliers ou celui des entreprises. Si on veut éviter une fuite des capitaux et un appauvrissement global du pays, on ne peut guère taxer les revenus du capital des entreprises parce que ces marchés financiers sont très internationaux et parce qu'elles délocalisent très facilement leurs activités financières. Restent les revenus du capital des particuliers. Je suis donc favorable à une taxe de ce genre pour financer les retraites, mais cette taxe ne pourra pas être importante parce que les revenus financiers des particuliers sont déjà très imposés en France par l'impôt sur le revenu, la CSG, la taxe RSA, sans parler de l'ISF.
Cette piste de la taxation du capital, ou des revenus du capital, ne suffit pas à elle seule. Elle ne permettra pas d'éviter un allongement de l'âge de départ à la retraite.
Dans le même ordre d'idées, je soupçonne le gouvernement de nous préparer une autre réforme en même temps que celle des retraites : La TVA sociale. Je ne crois pas avoir déjà écrit un billet sur ce sujet, il faudra que je le fasse.

Très prochainement, un autre billet sur les aspects politiques de la réforme des retraites.
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 11:15
Encore un événement qui est passé presque inaperçu dans la presse : Le lancement du fonds d'investissement social. Il s'agit pourtant d'un investissement social de l'Etat de 1,5 milliards d'euros, soit plus de 3 fois le coût du bouclier fiscal ! Le premier but de ce fonds est de former les salariés qui se retrouvent au chômage à cause de la crise, ce qui permettra de les préparer à la reprise de l'activité économique. Au moins, c'est un investissement social qui sera socialement rentable !
L'Etat s'est aussi engagé à rajouter d'autres financements si besoin est.
Ce fonds sera co-géré par le gouvernement et les partenaires sociaux (patronat et syndicats).
J'ai choisi le logo de la CFDT pour illustrer ce billet parce que la création de ce fonds était une idée de la CFDT. Pour le gouvernement, c'est une réponse aux grandes mobilisations du début de l'année.
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 16:52
Le soufflé est retombé, les médias et la blogosphère ont oublié la Guadeloupe. C'est ce qui m'a donné envie de me renseigner pour ensuite vous informer.
Nous n'avons pas idée, en métropole, de la violence de cette crise. Une grève totale de 44 jours, des manifestations violentes, bref une crise bien pire que celle de mai 68 ! Les conséquences en sont catastrophiques.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire en France, la grève n'est pas totalement terminée. Elle subsiste dans certaines entreprises, celles qui n'ont pas les moyens d'augmenter leurs salariés conformément à l'accord Bino. Au final, l'augmentation de 200 € ne concernera qu'une minorité d'habitants, environ 45 000 sur 400 000 habitants. Faut dire qu'il y a 23 % de chômeurs et 37 % de fonctionnaires ! Le risque, c'est que les petits patrons qui ne peuvent pas appliquer l'accord Bino licencient leurs salariés pour les réembaucher... au noir.
Les prix étaient censés baisser, conformément à ce qu'avait négocié le LKP. Mais, si le prix de l'essence a effectivement baissé, les autres prix sont stables, ou même en forte augmentation !
Le pire, c'est dans le secteur touristique. Là, l'effet grève s'additionne à la mauvaise image qui a été donnée par cette crise. Ce secteur économique, vital pour l'île, est sinistré.
Il est encore beaucoup trop tôt pour chiffrer ce que cette crise va coûter à l'économie guadeloupéenne. Certains s'y risquent pourtant, pronostiquant des dépôts de bilan par centaines et la destruction de 10 000 à 15 000 emplois, une situation qui ferait passer le taux de chômage de 23 % à plus de 30 %.
Il y a 10 000 entreprises en Guadeloupe, mais 90 % sont des TPE (moins de 10 salariés). Ce sont ces entreprises qui sont en danger. Le MEDEF local parle d'un quart d'entre-elles qui pourraient faire faillite. Ce qu'en dit un chef d'entreprise (métis) : « il ne faut pas se faire d'illusions : beaucoup de petites entreprises dirigées par des Noirs ou des métis vont péricliter et on va assister à un désengagement d'investiseurs métropolitains. Au bout du compte, l'emprise des békés sur l'économie insulaire sera encore plus importante après la grève qu'avant. »

On le sait, cette grève est en fait le résultat d'une crise de la société guadeloupéenne, aux origines bien plus profondes. Je doute que cette crise sociale sans précédent permette à cette société meurtrie de panser ses plaies. Le seul gagnant s'appelle Elie Domota : Tout ce qui renforce les békés et affaiblit les guadeloupéens donne de l'eau à son moulin révolutionnaire. Je ne serais pas surpris qu'on le voit entrer en politique pour revendiquer l'indépendance de la Guadeloupe...
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 21:47
Je suis très content que les médias aient parlé de la grève qui a paralysé la gare St Lazare il y a quelques jours, parce que St Lazare, j'y passe tous les jours.
Ce jour-là, je suis passé trop tôt le matin pour être bloqué chez moi, et au moment où je suis rentré chez moi le trafic était en train de reprendre. J'ai eu un train tout de suite, une chance folle ! Il n'y avait que 4 trains d'affichés. Si je suis content que les médias en aient parlé, ce n'est donc pas parce que j'ai été gêné par cette grève. C'est parce que je subis depuis des semaines la grève perlée qui ne paralyse pas mais qui désorganise. Impossible de savoir quand on va arriver. Une grève vicieuse : Un agent fait grève pendant une heure par jour, désorganisant tout le trafic. Quand on sait à quel point cette gare est un système complexe, on comprend tout de suite comment quelques petites grèves isolées d'une heure peuvent créer une pagaye ingérable. Et dès que la situation revient à la normale, c'est un autre agent qui prend le relais. Pour les usagers, ça se traduit par des trains qui partent rarement à l'heure,  qui s'arrêtent dix minutes sans explication, qui ne partent pas forcément du quai habituel, ou dont le départ est affiché... quelques minutes après l'heure prévue du départ.
Quand on sait pourqoi ils font grève, on est encore plus révolté : C'est à cause de la mise en place des horaires d'hiver. Il n'y a pas plus de trains, donc pas plus de travail ! Le résultat est que pour un conflit dont personne n'a entendu parler parce qu'il n'a aucun intérêt, quelques personnes isolées gênent 450 000 personnes. C'est totalement disproportionné.
La loi dite « sur le service minimum » est un succès parce qu'elle a réussi l'exploit de ne pas toucher au droit de grève tout en favorisant un certain respect des usagers. Le résultat est simple à constater : les grèves se font toujours, les salariés peuvent s'exprimer, mais c'est pendant les heures creuses et les week-ends. On respecte en premier ceux qui vont travailler.
  • Cette excellente loi oblige à négocier. C'est quand même aberrant de faire grève sans négocier !
  • Elle oblige à déposer un préavis 5 jours avant une grève, ce qui n'a pas été respecté l'autre jour à St Lazare. Quand on est responsable d'un service public, il est quand même normal de prévenir quand on va faire grève, de manière à ce que les usagers puissent prendre leurs dispositions.
  • Les grévistes doivent se déclarer 48 heures à l'avance, de manière à ce que le travail des non-grévistes puisse être planifié.
  • Les usagers doivent être informés 24 heures à l'avance.
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