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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 10:54
Je me rends compte que dans mon précedent article je n'ai pas défini ce que j'entends par « discrimination positive ».
Déjà, je préfère le terme d'action positive, parce que c'est tout le contraire des discriminations interdites par la loi.

Nous vivons dans une société pluriethnique. L'immigration a apporté des cultures différentes, qui se superposent à la diversité religieuse existante en France. La loi républicaine part du principe qu'étant la même pour tous, elle ne favorise personne et que donc les citoyens sont tous à égalité. Cet aveuglement refuse de voir que les groupes ethniques majoritaires sont favorisés de fait parce que, même si la loi est la même pour tous, il n'en va pas de même pour les comportements. Un réflexe naturel consiste à préférer ceux du groupe majoritaire, généralement par méconnaissance de l'autre. Les discriminations sont un fait.
Ces discriminations s'expriment principalement dans le monde du travail et dans l'enseignement supérieur. Elles portent sur les groupes ethniques, mais aussi sur la catégorie socio-professionnelle. Le prblème est que nos banlieues regroupent à la fois les minorités ethniques et les catégories socio-professionnelles les plus défavorisées.

Les comportements étant discriminatoires, il me semblerait logique que la loi, temporairement, compense cette inégalité.
Dans l'enseignement, principalement. Le président de sciences-po a montré la voie, en prouvant que des élèves sélectionnés dans les lycées de banlieue sont capables de s'en sortir aussi bien que les autres.
La première étape consiste à casser la carte scolaire, qui interdit aux élèves de banlieue d'étudier ailleurs que dans les établissements de banlieue. Cette politique accentue le phénomène de ghetto que tout le monde dénonce.
La deuxième étape consisterait à informer tous les élèves de la même manière sur les possibilités d'études qui s'ouvrent à eux, et surtout sur les débouchés professionnels qu'ils proposent. On constate en effet que les élèves de classes préparatoires, l'élite des étudiants, sont presque tous issus de milieux privilégiés.
Ensuite, il faudra probablement en venir à des quotas, des places réservées aux meilleurs élèves issus des minorités et des banlieues défavorisées.

Dans le monde professionnel, il faut lutter sur deux fronts : L'embauche et le « plafond de verre ». Ce plafond de verre correspond au niveau maximum qu'on autorise les minorités à ateindre. On constate que dans les grandes organisations, même si un peu de diversité existe en bas de l'échelle, plus on monte et plus la population est socialement et ethniquement homogène. Les meilleurs éléments progressent jusqu'à un certain niveau, puis ils sont plafonnés. Ils constatent que les autres sont systématiquement promus avant eux.
Les CV anonymes sont un outil utile, mais insuffisant. Je pense que l'Etat n'a pas le pouvoir d'imposer des quotas dans les entreprises. Il doit commencer par le faire dans les administrations et dans les entreprises publiques, puis favoriser l'évolution des mentalités dans le secteur privé.

L'action positive pose plusieurs problèmes. Non pas le fait d'être une inégalité, parce que cette inégalité est faite pour compenser les discriminations. Les problèmes que posent cette action positive sont principalement :
  • La définition de la population sur laquelle elle s'applique. Peut-on classer les citoyens français suivant leur appartenance ethnique ? Comment définit-on les appartenances ethniques ? Une solution simple serait de définir les minorités à favoriser comme étant les descendants d'immigrés depuis une ou deux générations. Ou les habitants de certains quartiers.
  • L'action positive ayant pour but de ne pas devenir une discrimination, même positive, elle doit être limitée dans le temps. On constate en effet dans les pays qui ont mis en oeuvre ce type de législation que les effets en sont réels et que cette politique doit être supprimée, ou amendée.
La Convention des Nations unies sur la discrimination raciale n’approuve les programmes de discrimination positive que dans les seuls cas où ils revêtent ce caractère temporaire et remplissent cette fonction de rééquilibrage. Loin de s’opposer à l’idéal de la séparation de l’Etat et de l’ethnicité, la discrimination positive est une façon de tenter de la réaliser. L’objectif ultimement visé est le retour à une société aveugle aux différences, et non l’accomplissement d’une société où l’on différencierait de manière définitive les groupes ethnoculturels.

Il est à noter que la discrimination positive existe déjà en droit français. En voici quelques exemples :
  • Le quota d'handicapés imposé aux entreprises
  • La loi sur la parité qui impose la parité absolue entre hommes et femmes dans les listes de candidats aux municipales
  • Les zones franches urbaines


On peut voir plusieurs définitions sur le web.

Le meilleur article est issu d'un séminaire de Normale Sup. Je ne le cite pas intégralement, mais je vous invite à aller le voir.

Sur la charte de la diversité :
Action positive : Politique active en faveur de populations touchées par les discriminations = Obligation de moyens (l'exigence en termes de compétences ne se trouve donc pas remise en question.)
Discrimination positive : action qui vise à éliminer la discrimination passée ou actuelle subie par un groupe de personnes en leur accordant temporairement certains avantages préférentiels, notamment en matière de recrutement.
Ces définitions sont bien faites. On remarquera que sur les sites consacrés à la diversité ou aux discriminations, la discrimination positive est jugée positivement.

Sur wikipedia :
La discrimination positive est un ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes appartenant à des catégories dont des membres subiraient ou auraient subi des discriminations systématiques. Exercée au détriment d'autres catégories, cette politique semble s'opposer au principe d'égalité de droit. Les catégories de personnes concernées peuvent être définies, selon le cas, à l'aide des critères ethniques, médicaux, culturels, linguistiques, religieux, socio-économiques ou territoriaux.
Cette définition me conviendrait si on retirait la 2e phrase, qui relève plus du jugement de valeur que de la définition.

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Published by Patrick.Joly - dans Réformes
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