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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 20:21

Pour une fois, voici un petit geste militant, et politique, contre l'homophobie.

Un très beau court-métrage, réalisé en 2005 dans le cadre de la Terminale Cinéma Audiovisuel du lycée Clemenceau, récompensé au festival du film de Sarlat.

 

Ca se termine sur un très beau poème de Victor Hugo d'où vient le titre "je sais que tu m'attends".

 

 

Tous droits réservés Sarah Bongiovanni, Faïza Boudhar et Alexandre Lourdelle.

Distribution :

Julien Rebourg, Souhila Boudhar, Sarah Bonjovianni, Alexandre Lourdelle, Faïza Boudhar.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 22:10
Ce que je trouve de plus vil en politique, c'est le populisme. Jouer sur les peurs collectives au détriment de l'intérêt général, c'est du populisme. Face à une situation compliquée, les hommes politiques peuvent l'affronter, faire de la pédagogie pour que les citoyens en comprennent les tenants et les aboutissants. Mais ils peuvent aussi, ce qui est beaucoup plus facile, faire peur au grand public qui s'enflamme très vite quand une rumeur réactionnaire dénonce la dangerosité du progrès technique. A mon avis, c'est exactement le cas du principe de précaution.
La science et les techniques ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi. Elles doivent juste être maîtrisées. C'est l'usage qu'on en fait qui est bon ou mauvais. Le meilleur exemple, c'est le nucléaire. Cette technologie formidable peut être la pire des choses (arme de destruction massive, accidents ravageurs) ou une source d'énergie indispensable.
Je déteste l'expression de principe de précaution. Elle sous-entend qu'on doit supprimer tout risque dans la vie des Français. C'est parfaitement absurde ! Si on avait appliqué ce principe, on aurait interdit les voitures, les trains, l'électricité, toute la modernité.
Le risque fait partie de la vie, et prétendre l'éradiquer relève non seulement de l'idéalisme mais de l'escroquerie la plus manipulatrice. Le risque zéro n'existe pas. Entretenir cette illusion dans l'opinion, c'est dangereux. Plutôt que de faire croire aux Français que la science est dangereuse et qu'il faut tout faire pour empêcher le progrès technique, il serait préférable d'adopter une autre attitude : Autoriser la recherche (OGM, nanotechnologies, ...) mais instaurer une procédure de vérification avant de commercialiser un produit innovant. C'est ce qu'on fait dans l'industrie pharmaceutique avec les autorisations de mise sur le marché, il suffirait d'en faire autant.
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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 13:12
Burqa
La burqa, c'est un voile islamique qui couvre le visage des femmes musulmanes. Le Coran n'exige pas que le visage  des musulmanes soit caché.  Certains théologiens estiment même que le voile n'est pas obligatoire. La burqa est une invention récente, spécifique à certains pays musulmans, elle relève plus de la culture que du précepte religieux (voir le lexique consacré aux voiles par 20minutes.fr). En France, très peu de musulmanes portent ce type de vêtement, il s'agit généralement de converties.
Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'assemblée nationale, vient d'annoncer son intention de déposer une proposition de loi pour interdire la burqa. Cette loi exigerait que le visage soit découvert dans tous les lieux et espaces publics, même dans la rue. Il s'agit de la ligne « dure », celle des partisans de la plus grande fermeté.
Nicolas Sarkozy a pris favorablement position à une réglementation du port du voile intégral dès juin dernier, au congrès de Versaille: la burqa « ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République » avait-il déclaré avant d'enfoncer le clou en novembre: la France est un pays « où il n'y a pas de place pour la burqa (...) ni pour l'asservissement de la femme ».
Ce que je trouve choquant dans cette proposition de loi, c'est qu'elle soit annoncée avant même que la mission parlementaire consacrée au sujet ait rendu ses conclusions. Oui le port de la burqa est contraire à nos valeurs. Oui, il asservit la femme et relève plus de la provocation identitaire que de la pratique religieuse. Mais cela mérite-t-il une loi ? La France est malade d'un trop grand nombre de lois, faut-il faire une nouvelle loi à chaque fois qu'un sujet nouveau fait la une des journaux ? La DCRI, orgnaisme du ministère de l'Intérieur chargé des renseignements généraux, évalue le nombre de femmes portant la burqa à moins de 400 personnes. Faut-il une loi pour moins de 400 personnes ? Je suis sceptique. Attendons les conclusions de la mission parlementaire !
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:36
Comme je l'ai déjà expliqué ici, j'aime beaucoup la politique. Mais en politique, il y a des phénomènes contre lesquels je lutte fermement : Les idéologies. Elles sont multiples (ultralibéralisme, marxisme, nationalisme, ...) mais toutes ont en commun d'être un système de valeurs tellement cohérent qu'il néglige de s'adapter à la réalité. Les idéologies sont de belles théories, mais en politique il vaut mieux avoir les pieds sur Terre que la tête dans les étoires. Je veux dire par là que les idéologies sont assez anciennes, (On théorise mieux le passé que l'avenir) et qu'elles peuvent oublier que la réalité a changé depuis. L'intellectuel qui a créé une belle théorie et le politicien qui est dans le concret ont des priorités très différentes. J'aime bien les belles théories, ça fait des livres très intéressants, mais l'attitude qui consiste à tout voir au travers d'un prisme idéologique est très dangereuse.
Les exemples sont multiples : Alors que nous sommes dans une société libérale, l'idéologie libérale peut être très dangereuse si on la pousse à son extrémité. Simple exemple : j'ai vu des gens soutenir ouvertement que l'impôt est un vol légal, mais un vol. Je pense au contraire que l'impôt et même le consentement à l'impôt est un des principes fondateurs de la République.
Le marxisme est une idéologie qui a perdu de sa capacité de nuisance parce qu'elle a montré ses limites. La plupart des marxistes se sont reconvertis dans la social-démocratie, reconnaissant qu'il fallait mettre de l'eau dans leur vin mais sans renoncer pour autant à leurs idéaux originels. Malheureusement, le parti socialiste français cultive sa différence en Europe en faisant semblant de ne pas renoncer au marxisme, quand il est dans l'opposition. Il entretient par là une illusion chez ses électeurs, mais il déçoit vite.

L'opposé de l'idéologie, c'est le pragmatisme. Ca ne veut pas dire qu'on n'a pas de valeurs ni qu'on est prêt à y renoncer pour avoir le pouvoir. Le pragmatisme c'est le fait de chercher ce qu'il y a de mieux et de plus efficace sans esprit partisan. C'est aussi de reconnaître les limites de sa propre idéologie habituelle. C'est d'accepter que l'Etat conserve le monopole des jeux même dans un monde de libre concurrence, par exemple... Ca peut être de reconnaître qu'une idée proposée par un adversaire politique est bonne. Les médias parlent de la stratégie de triangulation (reprendre l'idée d'un adversaire politique pour la mettre en application) uniquement comme d'une stratégie visant à affaiblir ses adversaires. C'est vrai, mais pas seulement. C'est aussi un acte fort qui consiste à reconnaître qu'il peut y avoir de bonnes idées dans le camp adverse. Tout cela va à l'encontre de la logique de partis, qui combine les deux inconvénients : l'idéologie et l'esprit partisan.
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 23:18
On voit fleurir sur internet plusieurs outils qui, après vous avoir fait répondre à quelques questions, vous disent quel est le parti politique qui a les idées les plus proches des vôtres.
Celui que je préfère, et de loin, s'appelle politest, accessible ici. Fait par un groupe d'anciens étudiants de Sciences-po, il vous situe très précisément par rapport aux partis politiques français, voire même aux courants des plus grands partis. En fait, les questions qu'il pose permettent de classer suivant 3 axes gauche-droite, ce qui est beaucoup plus pertinent que l'échelle classique : Economique et social, sociétal ("manières de vivre"), et identités et responsabilité. Le test bénéficie de petites évolutions régulières.
Un autre, plus simple, est accessible par ce lien. Il vous situera suivant des critères typiquement anglo-saxons. Pour les anglophones, il ne vous classe pas par rapport à des partis mais par rapport à des tendances politiques comme elles peuvent être définies aux Etats-Unis : Libéraux, centristes, étatistes, gauche et droite. Il fonctionne suivant deux axes : Economie et problématiques personnelles.
Ce qui est marrant, c'est que ces deux tests me classent comme centriste...
Un autre, euprofiler, est résolument européen. Il peut vous classer par rapport à tous les partis d'Europe. Je le cite vraiment parce que les Européennes sont dans 3 semaines, mais je trouve ce test soit mal fait soit dévoyé, conçu pour vous faire voter pour un parti en particulier. Parce qu'on voit des tests faits pour vous convaincre que tel ou tel candidat est celui qui représentera le mieux vos idées. On a vu ce genre de choses au moment des primaires américaines, par exemple.

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 12:11
Il y a une hypocrisie fantastique en France que je voudrais dénoncer. Nous avons 5 à 10 % de musulmans, mais très peu de mosquées. Pire, les musulmans vivent généralement dans des quartiers populaires, leurs revenus sont faibles, et ils s'arrangent come ils peuvent pour prier. Ca se fit dans des conditions indignes. A Paris, dans le 18e, les musulmans se réunissent carrément dans la rue. La rue Polonceau est coupée à la circulation tous les vendredis et des centaines de personnes viennent avec leur tapis pour prier et écouter l'imam.
Le problème, c'est que pour construire des mosquées il faut trouver un financement. Le plus simple est de faire financer ça par une monarchie pétrolière, ce n'est pas ça qui manque. Sauf que si on veut avoir un Islam de France, qui ne dépende pas des fatwas venues de l'étranger, il vaut mieux avoir des financements français. Les fidèles n'ayant pas les moyens de payet la construction de leurs mosquées, il faut trouver autre chose. Comment ont été financées les églises ? Celles qui ont été construites avant 1905, la majorité, ont été financées par l'Etat. Les autres sont financées par les fidèles.
Il serait donc logique et équitable que la collectivité finance la construction des mosquées. Le problème, c'est que la République est censée être laïque, et que normalement ça veut dire que les lieux de culte ne peuvent pas être financées par la sphère publique.
Certains maires ont trouvé des parades, comme le maire du 18e, Daniel Vaillant, qui investit 22 millions d'euros pour construire deux bâtiments. Une fois la construction achevée, il revendra ces bâtiments pour 6 millions d'euros aux associations religieuses. Paris construit un institut culturel sur l'Islam, mais les associations pourront les transformer en mosquées. Le maire d'Epinay, lui, a construit une salle polyvalente qu'il met à la disposition d'une association religieuse. Le maire de Montreuil, lui, a été moins astucieux. Il a fait un bail à un euro symbolique, ce qui a été annulé par la justice.
Il faut arrêter avec cette hypocrisie. C'est à l'Etat de financer la construction des mosquées. Si on ne veut plus avoir des salles de prière dans les caves des cités, il faut bien faire quelque chose. Rester buté sur des principes de laïcité qui en réalité aboutissent à une discrimination entre les religions établies avant et après la loi de 1905, c'est refuser la réalité, réalité qui a bien changé depuis 1905.
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 17:05
Un blogueur de gauche, Juan, de SarkoFrance, a posé une question à quelques blogueurs de droite (les plus libéraux) pour savoir si, aujourd'hui, ils revoteraient Sarkozy. Il est un peu déçu parce que tous lui ont dit oui, sauf un parce qu'il n'avait pas voté Sarkozy...
Même si la question manque de réalisme, parce qu'on ne sera plus jamais en 2007, je peux quand même répondre qu'avec les éléments que nous connaissons aujourd'hui et si les candidats proposés étaient les mêmes, je revoterais pour Sarkozy.
Parce que je pense toujours que sa politique de réformes était nécessaire. Parce que je pense qu’il correspond à celui qu’il nous fallait pour gérer des crises et (ça je l’ai découvert) pour faire entendre la voix de la France dans les relations internationales.
Et parce que Royal aurait de toute évidence fait pire. Elle aurait eu du mal à réunir sa famille politique, déjà. Et je ne vois pas comment elle aurait appliqué un programme qu’elle s’est empressée de critiquer dès qu’elle n’a plus été liée par sa position de candidate.

Maintenant, il est bien évident qu’il n’est pas parfait et qu’il est décevant par certains côtés. Seulement je trouve que ce côté décevant relève plus de la forme que du fond.
Parlons, donc, de certaines choses qui me déplaît chez Sarkozy :
- Son goût pour la provocation et sa détestation de certaines professions :
On l'avait un peu vu quand il était ministre de l'Intérieur, Sarkozy a quelquefois des attitudes très contre-productives. Les fanfaronnades sur les grèves qui ne se voient pas, l'allusion à Chirac comme roi fainéant, ses tirades déplacées contre les enseignants, les journalistes, les militaires, les banquiers, les chercheurs, et j'en oublie... Tout ça n'apporte rien. Au contraire, ça exacerbe les tensions et en matière de communication politique c'est catastrophique.
- La casse des ministres :
Au lieu de renforcer le poids de ses ministres, Sarkozy a une fâcheuse tendance à décrédibiliser, voire désavouer, ses ministres. Il leur accole de plus en plus souvent des « médiateurs » chargés de mission, fait dans les médias des annonces dans les médias qui les concernent directement sans les prévenir (comme par exemple avec la suppression de la publicité). Et je ne parle pas du rôle des conseillers du Président, dont certains semblent plus important que leur ministre.
- Des lacunes dans la communication des réformes :
Le rythme soutenu des réformes, les multiples domaines dans lesquels elles s'appliquent, toute cette communication sur des touts petits poins de réforme, tout cet ensemble donne une impression de brouillon. Beaucoup pensent  (à tort) qu'il n'y a pas de vision à long terme et qu'on improvise au jour le jour. On n'a plus les couacs des débuts, mais certains ratés pèsent toujours. Je pense surtout à la loi TEPA, le bouquet fiscal, qui a été vu dans l'opinion comme un cadeau de 15 milliards aux riches, alors que le bouclier fiscal, en vertu duquel personne ne peut payer plus de la moitié de ses revenus en impôts, coûte moins de 500 millions. Une autre réforme pour laquelle la communication a été ratée : Le statut du beau-parent, source de la polémique de la semaine. Ce projet, qui se réduit à une délégation d'autorité parentale permettant de simplifier la vie des familles recomposées et homoparentales dans leurs démarches en matière de santé et d'éducation (si, si, je vous assure, il ne s'agit que de ça !), a été compris comme une reconnaissance de l'homoparentalité et même confondu avec l'adoption.
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 23:10
Enfin, le gouvernement a décidé de concrétiser une de ses promesses électorales dans le domaine sociétal. En tant que ministre de la famille, c'est Nadine Morano qui porte ce projet de loi. Il s'agit du statut du beau-parent. Ca peut sembler technique, mais c'est très simple : Quand deux personnes élèvent un enfant sans que ce soient ses deux parents biologiques, la deuxième personne n'a généralement aucun droit sur l'enfant. Impossible d'aller le chercher à l'école, de l'emmener chez le médecin, ...
C'est dans l'intérêt de millions d'enfants et pour tenir compte de la réalité qui est plus complexe que celle des familles traditionnelles que le gouvernement a lancé ce projet. En effet, l'INED estime aujourd'hui le nombre d'enfants élevés dans des familles recomposées à 3 millions, et à 30 000 le nombre d'enfants élevés dans des familles homoparentales.

Ce projet était une promesse de campagne du candidat Sarkozy proposée par Gay Lib, l'association gay liée à l'UMP. Evidemment, les traditionnalistes de tout poil, à commencer par Christine Boutin, protestent. Ils essaient de (se) convaincre qu'on porte atteinte aux familles traditionnelles, alors qu'il n'est pas question d'inciter au divorce ni à l'homoparentalité. Il ne s'agit que de reconnaître un état de fait.

Je ous invite à montrer votre soutien à Nadine Moranon sur cette page facebook.
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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 11:05
Le dernier mini-remaniement ministériel m'amène à exprimer mon jugement sur l'ouverture telle que la pratique Sarkozy. Besson, ancien homme de gauche, à l'immigration, c'est quand même exactement le contraire d'une politique d'ouverture. L'ouverture c'est apporter une différence par des gens différents. Mais si on leur fait faire le contraire de ce que leur différence pourrait apporter, comme pour Besson, alors on ne profite pas de la différence qu'ils pourraient apporter. Sans parler du reniement par l'intéressé de ses valeurs.

Heureusement l'ouverture, ce n'est pas que lui. L'ouverture, c'est avant tout l'ouverture à la société civile. La droite avait l'habitude de s'ouvrir à la société civile en employant des chefs d'entreprise, et un ancien sportif pour le ministère des sports, mais Sarkozy innove en reprenant d'authentiques hommes et femmes de gauche qui militaient dans le monde associatif. C'est le cas de Fadéla Amara, de Martin Hirsch et dans une moindre mesure de Bernard Kouchner. Là, il s'agit d'une ouverture véritable parce que ces militants associatifs ont une fonction en rapport avec leur engagement.
Martin Hirsch a directement été chargé de mettre en oeuvre ce pour quoi il militait : le RSA. Aujourd'hui il se trouve à un autre poste, qu'il n'aurait sans doute pas accepté en 2007, et où je ne vois pas encore tout ce qu'il pourra apporter. Mais il n'était sans doute pas possible de le nommer ministre des affaires sociales.
Fadéla Amara est tout à fait dans le poste qu'il lui fallait. Il aurait été possible de lui donner un ministère gadget à la condition féminine, un peu comme à l'époque Mitterrand, mais ça n'aurait pas apporté grand-chose. J'espère qu'elle est bien entourée, parce que son ministère et surtout le plan banlieues (dont je parlais dans un précédent article) nécessite une grand expérience des administrations locales et nationales, de leur fonctionnement et des freins qu'elles peuvent poser.
Bernard Kouchner, lui, n'est pas tout à fait dans le même cas. Ca fait longtemps qu'il est passé de militant associatif à responsable politique. Mais les affaires étrangères sont un domaine où la droite et la gauche mènent, peu ou prou, la même politique. Primauté de l'Europe, politique arabe de la France, alliance naturelle avec les Etats-Unis, ... Kouchner a la particularité d'être plus atlantiste que sa famille politique, de même que Sarkozy. Leur alliance présente donc une opportunité toute particulière.

L'ouverture ne se trouve pas qu'au gouvernement. L'ouverture, c'est aussi avoir confié au PS la présidence de la commission des finances de l'assemblée nationale. Quand on connait l'importance  des commissions au parlement, et quand on sait que la réforme des institutions et du règlement des assemblées va les rendre encore plus importantes, on comprend que cette ouverture n'est pas une ouverture gadget. L'ouverture, c'est aussi confier des missions d'étude à des personnalités socialistes qui ont l'avantage d'avoir déjà travaillé sur ces sujets pour leur famille politique, comme ce qui a été fait avec Jack Lang pour la réforme des institutions. Là, c'est plutôt le PS qui n'a pas joué le jeu en s'opposant à cette réforme qui n'était pas partisane.

Je n'oublierai évidemment pas que l'ouverture concerne bien sûr les radicaux et les centristes. Sarkozy profite de l'expérience de Jean-Louis Borloo et de sa capacité à mener des réformes consensuelles. Avec le nouveau centre, c'est différent. Ce nouveau et minuscule parti politique peine à trouver sa place. Il faut dire que l'UMP et le gouvernement ne l'aident pas, en ne l'impliquant pas assez en amont. Il semble que ce parti se retrouve à voter des textes à l'assemblée sans avoir participé à leur rédaction, un peu comme s'ils étaient dans l'opposition.
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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 18:35

Non, je ne vais pas vous parler des 35 heures !

La loi sur le service minimum d'accueil à l'école, comme la loi SRU qui imposait 20 % de logements sociaux, ont toutes les deux en commun de poser de grands problèmes aux communes pour les appliquer.

Ces deux lois sont des lois fortement teintées d'idéologie (à droite pour l'une, à gauche pour l'autre). Et idéologie, ça ne rime pas avec pragmatisme !

La loi SRU, on s'en souvient, elle posait problème parce qu'elle s'appliquait indistinctement aux communes qui ont déjà beaucoup de logement social comme à celles qui en ont peu, mais surtout parce qu'il est beaucoup plus difficile dans certaines communes, déjà très fortement bâties, de construire du logement social. Et le rachat de logements existants, ça a ses limites. Surtout dans ces communes, où l'immobilier est très cher.

La nouvelle loi sur le service minimum d'accueil à l'école pose aussi des problèmes pour son application. Parce que poru remplacer les enseignants grévistes, il faut beaucoup de personnel qui s'occupe des enfants. Dans les communes qui en ont, et suffisamment, ce sont les éducateurs et les éducateurs de jeunes enfants qui s'en occupent. Et là, il faut environ un adulte pour 15 enfants. On voit bien que ce n'est pas applicable dans les petites communes et que si les enseignants sont nombreux à faire grève (70 % dans ma commune, si j'en crois les dires de mon maire) il n'est plus possible de les remplacer par du personnel municipal.

Maintenant, pourquoi est-ce que les mairies qui n'ont pas eu les moyens d'organiser ce service minimum d'accueil sont des mairies de gauche, il y a là un grand mystère que je ne peux pas expliquer par des ressources différentes en personnel.

Quant au souci des petites communes, qui ne disposent pas de personnel formé à accueillir des enfants, une loi est en projet pour les dispenser d'organiser ce service minimum d'accueil.

  « Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo patjol ».

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