Jeudi 25 février 2010
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Ce que je trouve de plus vil en politique, c'est le populisme. Jouer sur les peurs collectives au détriment de l'intérêt général, c'est du
populisme. Face à une situation compliquée, les hommes politiques peuvent l'affronter, faire de la pédagogie pour que les citoyens en comprennent les tenants et les aboutissants. Mais ils peuvent
aussi, ce qui est beaucoup plus facile, faire peur au grand public qui s'enflamme très vite quand une rumeur réactionnaire dénonce la dangerosité du progrès technique. A mon avis, c'est
exactement le cas du principe de précaution.
La science et les techniques ne sont ni bonnes ni mauvaises en soi. Elles doivent juste être maîtrisées. C'est l'usage qu'on en fait qui
est bon ou mauvais. Le meilleur exemple, c'est le nucléaire. Cette technologie formidable peut être la pire des choses (arme de destruction massive, accidents ravageurs) ou une source d'énergie
indispensable.
Je déteste l'expression de principe de précaution. Elle sous-entend qu'on doit supprimer tout risque dans la vie des Français. C'est
parfaitement absurde ! Si on avait appliqué ce principe, on aurait interdit les voitures, les trains, l'électricité, toute la modernité.
Le risque fait partie de la vie, et prétendre l'éradiquer relève non seulement de l'idéalisme mais de l'escroquerie la plus manipulatrice.
Le risque zéro n'existe pas. Entretenir cette illusion dans l'opinion, c'est dangereux. Plutôt que de faire croire aux Français que la science est dangereuse et qu'il faut tout faire pour
empêcher le progrès technique, il serait préférable d'adopter une autre attitude : Autoriser la recherche (OGM, nanotechnologies, ...) mais instaurer une procédure de vérification avant de
commercialiser un produit innovant. C'est ce qu'on fait dans l'industrie pharmaceutique avec les autorisations de mise sur le marché, il suffirait d'en faire autant.
Par Patrick Joly
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Publié dans : La politique en général
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Je rejoins totalement votre point de vue. Ne pensez vous pas que ce type de populisme participe plus largement de l'infantilisation de la population. Une sorte de "protection systématique" des citoyens qui sert d'alibi à un contrôle renforcé?
Dans le cas de l'amiante, l'industrie a longuement nié la dangerosité du produit avant de devoir faire machine arrière.
Dans le cas du nucléaire, on en connait la dangerosité depuis le début.
Assez d'accord avec l'article avec deux remarques:
-la prise de risque (à l'opposé du principe de précaution) peut aussi avoir une dimension éthique. Quand nous savons que 9 miliards de terriens (en 2050) demanderont une quantité d'alimentation égale au double de ce que nous produisons aujourd'hui, il est éthiquement nécessaire d'envisager des technologies nouvelles comme les OGM...
-cela n'empêche pas de prendre les précautions nécessaires pour permettre un "progrès" régulier, sans pour autant tolérer des risques inacceptables. Je précise d'ailleurs que, comme pour les médicaments, les cultures OGM sont évaluées scientifiquement avant de recevoir (ou pas) une autorisation de mise sur le marché.
Bien à vous