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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:57

Hollande.JPGAu moment où la popularité du chef de l'Etat chute dangereusement, je voudrais lui adresser mes félicitations.

Même si je n'ai pas été très assidu sur mon blog, il y a deux actions du gouvernement que je tiens à saluer.

 

Tout d'abord, le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité des entreprises).

Depuis 40 ans, la croissance française reposait sur la demande. La seule équation connue était pouvoir d'achat = consommation = croissance. L'équation n'est pas fausse, mais elle est limitée. La demande est un des leviers de croissance mais elle n'est pas le seul. Et surtout, ce ressort est usé. Tant que le pouvoir d'achat tient tout va bien. Mais quand l'économie peine à le maintenir rien ne va plus.

C'est pour ça qu'il fallait miser sur l'offre pour relancer la croissance. Aider les entreprises à créer de l'emploi et de la croissance en les laissant libres de leurs investissements. Car ce sont les entreprises qui innovent, ce sont elles qui investissent pour l'avenir, ce sont elles qui embauchent dès qu'elles ont une visibilité sur leurs besoins futurs en main d'oeuvre.

La France est un des pays au monde où les charges qui reposent sur les entreprises et sur le travail sont les plus élevées. Il était normal de corriger (un peu) cette situation pénalisante pour l'emploi.

Au final le CICE ne fait que compenser la hausse d'impôts du budget 2012. Les décisions budgétaires avaient massivement pesé sur les entreprises, il est heureux que le gouvernement s'en soit enfin rendu compte et qu'il corrige cette situation par le CICE.

 

Deuxième motif de félicitations : l'accord sur la flexibilité et la sécurisation du travail.

Cela fait au moins vingt ans que, à droite comme à gauche, les experts vantent la flexi-sécurité à la danoise comme la réforme indispensable au marché du travail français. Mais personne ne s'était véritablement occupé de traduire ces belles intentions en une loi concrète.

Cette réforme part d'une bonne méthode : Elle est née du dialogue social. Ce sont les partenaires sociaux qui l'ont faite. Pas des parlementaires influencés par tel ou tel lobby. Pas  des ministres, toujours soupçonnés d'idéologie.

Le principal contenu de l'accord ?

  • Une taxation des contrats courts (CDD et intérim). C'était déjà le cas, mais il est normal d'inciter les employeurs à faire des contrats qui sécurisent les travailleurs.
  • La généralisation de la complémentaire santé. Parce qu'il n'est pas juste que les salariés des petites entreprises soient moins protégés que les autres.
  • Les accords de maintien dans l'emploi, pour que les entreprises puissent adapter l'organisation du travail à la concurrence même si ça nécessite de travailler plus. Il faut mieux travailler plus dans un site qui perdure que de fermer un site.
  • Une simplification de la procédure de plan social. Le droit du travail français est particulièrement compliqué et les plans sociaux très longs à mettre en oeuvre. Au final cette complexité ne faisait que retarder l'échéance sans l'empêcher. Les entreprises hésiteront moins à investir en France si les plans sociaux sont moins lourds.

Cet accord consacre un donnant-donnant pour les salariés et les employeurs. Chacun y trouve son compte et la collectivité y gagne.

Espérons que le passage à la moulinette parlementaire ne changera rien au contenu de l'accord...

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Published by Patrick Joly - dans Réformes
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Georges Frerot 25/03/2013 09:47


Bonjour,


Que la compétitivité des entreprises françaises soit mise à mal et se révèle plus la crise économique avance est une triste réalité qui a des racines profondes, à titre d'exemple et la liste ne
se veut pas exhaustive:


- un manque de fonds propres récurrent,


- un sous investissement chronique,


- une R&D faible qui se concrétise difficilement.


Pour autant je crois que la mesure prise ne va faire qu'ajouter un strate au mille feuille administratif et comme de si nombreuses mesures à destination des entreprises soit ajouter un effet
d'aubaine supplémentaire, soit engendrer des déclarations supplémentaires avec tous les risques de contestation ultérieur, type le crédit d'impôt recherche existant.


Je livre cette idée au débat :


Ne pourrais-t-on imaginer des gains de compétitivité par réduction des coûts de production des entreprises non en la faisant peser sur les salaires mais sur les coûts administratifs de
fonctionnement.


Une simplification administrative visant à supprimer la cinématique prélèvement, redistribution et éxonération (ex : zone franche, éxonération de charges, implantation dans les cartiers
difficiles, ... ) avec, à terme, un redéploiement des effectifs de la fonction publique chargés de ces tâches.


Une redistribution des charges salariales en trois grandes tranches d'âge ( 16-25, 25-50, 50-retraite) pour inciter structurellement à l'emploi des jeunes et des séniors, avec par exemple une
grille de charges (âge, diplome, taux de charge) pour 16-25 ans, des charges minorées pour les tranches 16-25 et 50-retraite.


Ces mesures, simples, identiques pour toutes les entreprises, auraient me semble-t-il vocation à tenter


- de rétablir une concurrence un peu plus équitable entre elles,


- d'abaisser les coûts de fonctionnement des entreprises, de l'état et des collectivités, donc de favoriser la compétitivité.


 


Merci de vos retours


Bien courtoisement

Patrick Joly 25/03/2013 14:59



Bonjour,


Je partage votre diagnostic sur le manque de fonds propres (problème des banques et notamment de l'application de Bâle 3) et sur la faiblesse de la R&D (merci le crédit impôt-recherche) mais
pas sur le sous-investissement. La France est un des pays qui attirent les investissements étrangers. On peut toujours mieux faire mais ce n'est pas la faiblesse française.


 


Vous appelez de vos souhaits un redéploiement des charges du travail vers l'administration et le fonctionnement, mais c'est précisément l'objet du crédit d'impôt compétitivité-emploi de Hollande.
Ce crédit d'impôt porte sur la masse salariale. On peut regretter qu'il soit plus compliqué que des allègements de charges, mais il diminue bien les coûts du travail.


 


Je note votre idée de moduler les charges suivant l'âge des salariés. Ca engendrerait une complexité supplémentaire mais ça permettrait de positionner un levier sur les objectifs d'emplois des
jeunes et des seniors.



Suellen 01/03/2013 22:01

En effet le CICE va dans le bon sens. Mais il faudrait que les entreprises françaises arrivent à exporter davantage, et sans doute aussi que nous importions moins, afin de favoriser le "made in
France".

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