Mercredi 10 septembre 2008
Cet été, depuis le lancement de la PFUE (présidence française de l'
Union européenne), la diplomatie sarkozienne a pris son plein
régime, et elle nous a montré le pire et le meilleur.
Le pire, on l'a vu à l'occasion des Jeux de Pékin, où longtemps après que les autres chefs d'Etat aient fait leur choix Sarkozy a annoncé qu'il n'irait que si la Chine réunissait certaines
conditions. Puis, les conditions étant presque réunies, il a choisi d'y aller (représentant l'Union européenne), mais avec le service minimum : Aller et retour dans la journée, et bien sûr
rencontre d'aucun responsable politique. Quand le Dalaï-Lama est venu en France inaugurer une pagode, on a assisté à une valse-hésitation du même acabit : Rencontrera, rencontrera pas ?
Finalement c'est Carla qui y est allé, solution judicieuse.
La diplomatie est faite de consensus et de positions équillibrées, mais elle a avant tout besoin de clarté, de lisibilité. Sur ce sujet, c'est la confusion qu'on a retenu.
Le meilleur, ça a été sur le rapide conflit géorgien : Cette guerre a duré quelques jours et tout de suite Sarkozy, président de l'UE, est intervenu pour faire cesser les combats, exiger et
obtenir la signature d'un plan en six points :
- l'engagement de ne pas recourir à la force
- le retour des forces militaires géorgiennes dans leur lieu habituel de cantonnement
- le retrait des forces militaires russes derrière les lignes antérieures au déclenchement des hostilités
- la mise en oeuvre par les forces de maintien de la paix russes des mesures additionnelles de sécurité (...) tant que la confiance ne sera pas revenue entre les protagonistes
- l'ouverture de discussions internationales sur le statut futur des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie
- la libre circulation de l'aide humanitaire
Medvedev s'est aussi engagé à respecter l'intégrité et la souveraineté de la Géorgie, mais ce n'est pas inclus dans le plan de paix.
Un autre accord entre UE et Russie, prévoyant la fin du retrait des forces russes et même le déploiement d'observateurs de l'UE
Ces accords ne sont pas totalement appliqués. Par exemple, la Russie a reconnu unilatéralement l'indépendance des deux provinces géorgiennes séparatistes sans attendre les discussions
internationales sur leur statut futur. J'imagine qu'ils veulent faire payer à la Géorgie d'avoir déclenché le conflit en bombardant l'Ossétie du Sud.
Mais ce qu'il y a d'extraordinaire dans le règlement de ce conflit, c'est que c'est la première fois que c'est l'Union européenne qui trouve et met en oeuvre la solution. Il y a 15 ans, en
ex-Yougoslavie, nous avions besoin des Américains pour régler les conflits internes à l'Europe.
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