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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 17:13
Au moment où la France va ratifier par voie parlementaire le traité de Lisbonne, je voudrais revenir sur ce traité ainsi que sur le traité constitutionnel qui l'a précédé :
L'élargissement nécessitait des règles nouvelles de fonctionnement pour les institutions européennes. La France, lorsqu'elle présidait l'union européenne, avait fait adopter le traité de Nice, en prévision de cet élargissement. Malheureusement, ce traité assez bancal n'a pas apporté assez de souplesse au fonctionnement des institutions pour qu'elles fonctionnent à 25, puis à 27. Une commission européenne qui comprend un commissaire par pays membre, par exemple, me semble une aberration. Il fallait donc un nouveau traité, tout le monde partageait ce constat.
Ce nouveau traité a été élaboré par la commission présidée par Valéry Giscard d'Estaing, puis signé par les 25 Etats membres. Il faisait l'objet d'un consensus.
L'ensemble de la classe politique était pour l'adoption de ce traité, ainsi que toutes les élites parisiennes. Dans la classe politique on a retrouvé les opposants habituels à la construction européenne qui étaient contre le traité, plus Fabius qui semblait avoir trouvé là le créneau qui lui permettrait enfin d'être proche des Français. Le débat a été déplorable : Certains nonistes dénonçaient des choses qui n'avaient rien à voir avec le traité (l'adhésion de la Turquie pour la droite, et la directive Bolkestein pour la gauche). Les partisans du traité n'ont pas réussi à convaincre les Français, qui l'ont rejeté.
Mais le plan B, dénoncé par les nonistes, n'existait pas. Or, l'Europe a toujours besoin d'un traité sur ses institutions. Un nouveau traité a donc été élaboré, qui comprend grosso modo les dispositions institutionnelles du traité constitutionnel plus la charte des droits fondamentaux, qui devient une contrainte légale et non plus une déclaration de bonnes intentions.

Mes convictions de démocrate me poussent à penser que si le premier traité a été refusé par referendum, le deuxième doit être adopté par la même voie. On ne peut pas imposer par voie parlementaire ce qui a été refusé par le peuple. Sarkozy a choisi une autre voie. C'est son avis, et il est vrai qu'il l'a annoncé avant son élection. Les Français ont voté pour lui en connaissance de cause.

Le parti socialiste peine à cacher ses divisions profondes sur le sujet : La consigne de vote est de s'abstenir (après moultes tergiversations et tentatives de boycottage). Résultat, certains socialistes ont voté pour et d'autres contre.

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Published by Patrick.Joly - dans Politique internationale
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Kerherve 01/03/2008 13:07

Le gaullisme de Sarkozy : zéro pointé !  C'est clair pour le commun des mortels. Nicolas Sarkozy utilise le général de Gaulle pour redorer son blason.Profitant de l'inauguration de l'Historial Charles de Gaulle ce vendredi 22 février, le Président de la République s'est octroyé une "parenthèse gaulliste" comme aiment à le faire remarquer les médias qui ont couvert l'évènement."Ce n'est pas le moindre des paradoxes de l'histoire de notre pays que d'avoir unanimement célébré la mémoire du grand homme alors que tout au long de son existence sa légitimité fut contestée" précise dans son allocution Nicolas Sarkozy, pensant ainsi positiver l'effondrement vertigineux de sa popularité dans les sondages d'opinion. Mais, faut-il le rappeler, la légitimité du Général n'a jamais été contestée que par ses éternels adversaires des "féodalités" que le fondateur de la Vème république vilipendait dans le monde politique et syndical.En toute occasion, et toujours, le général de Gaulle a bien pris soin d'emporter le soutien du peuple souverain. Battu le 27 avril 1969 lors du référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat, il a mis immédiatement un terme à son mandat. Une leçon de démocratie que nos élites politiques actuelles devraient méditer ! Nicolas Sarkozy peut affirmer sans cesse, et comme une excuse à sa trahison, que nul ne peut prétendre savoir ce que le Général dirait aujourd'hui de la situation de la France, mais il ne saurait ignorer ce que le fondateur de la Vème république a toujours refusé : mettre en œuvre une politique sans l'adhésion des Françaises et des Français. J'ai souvent eu l'occasion d'émettre ici des réserves, bien plus, des critiques sur les initiatives et actions du Président Chirac : cohabitation, quinquennat, construction européenne, pour ne citer que les plus criantes. En revanche, j'ai pu apprécier à sa juste valeur la position qu'il a défendue dans l'affaire irakienne malheureusement toujours d'actualité. De même, s'il n'a pas tiré toutes les conséquences de son échec référendaire le 29 mai 2005 sur le traité établissant une constitution européenne, laisser le peuple se déterminer souverainement après un large débat contradictoire peut être mis à son actif. Aussi :- la politique "show-biz" du locataire actuel de l'Elysée et ses égarements verbaux de plus en plus nombreux dénaturent la fonction présidentielle ;- la ratification du protocole européen de Lisbonne par les seuls parlementaires, véritable coup de force contre les Français, entame gravement sa légitimité ;- l'alignement inconditionnel de sa politique étrangère sur celle des Etats-Unis met, en conséquence, un terme à la politique d'indépendance initiée par le général de Gaulle et poursuivie jusqu'aujourd'hui par ses successeurs ;- sa volonté maintes fois affirmée d'intégrer les forces militaires françaises dans les structures de l'Otan contrairement à ce que le Général a décidé le 7 mars 1966 en sortant la France du commandement de l'Otan et en exigeant la fermeture immédiate des bases US sur le territoire national ;- la transformation de notre propre texte fondamental qu'il nous concocte à partir du rapport Balladur, rompant les équilibres de nos institutions qui font la force de la constitution gaullienne ; ... représentent tant de ruptures profondes avec le gaullisme authentique qu'il m'arrive, chaque jour un peu plus, à regretter néanmoinsla présidence de Jacques Chirac.  Alain KERHERVEwww.gaullisme.fr 

Daddymakulit 22/02/2008 19:39

Pour connaître la pensée de Jean Monnet, il faut lire un peu...par exemple, vas voir là: http://www.jean-monnet.net/main1.html

Patrick.Joly 23/02/2008 23:17

Merci pour le lien, j'admire beaucoup Jean Monnet.C'était l'Europe d'une autre époque, très différente mais parfaitement compatible avec l'actuelle. Jean Monnet tenait beaucoup à la paix entre les anciens pays belligérants, ça reste aussi important. Ca semble même acquis.

Daddymakulit 21/02/2008 19:24

Comme quoi on peut etre passionné de politique et aveugle en meme temps. Peut-être même est ce inéluctable.Les français qui ont voté contre ont en fait sanctionné les dérives technocratiques et hyper libérales de l'UE.Coupée des peuples, acquise a la loi unique de l'hyperlibéralisme, L'UE a perdu sa légitimité populaire.Dommage, car la EE était une bonne idée à la base, et a joué un rôle non négligeable pour la paix en Europe après la seconde guerre mondiale. Jean Monnet doit se retourner dans sa tombe quand il voit ce que son intuition est devenue

Patrick.Joly 21/02/2008 23:23

Je ne sais pas qui tu es pour savoir à la fois ce que penserait Jean Monnet aujourd'hui et en plus pourquoi les Français ont voté non en 2005.Toujours est-il que je partage ton avis que l'Europe manque de démocratie, ou plus précisément que ce qu'elle fait n'est pas assez connu. En fait tous les dirigeants sont élus, mais de manière trop indirecte. Mais le traité de Lisbonne est un pas vers plus de démocratie, par exemple parce qu'il donne plus de droits aux parlements nationaux.

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